Crossed

29.95

“Crossed” dont la publication débutait pourtant dés 2008 aux USA, est acerbe. Méchant. Il ne crache plus à la gueule d’une certaine culture américaine; “Crossed” nous crache à la gueule, individuellement, sur chacun des êtres interieurs que l’on cache honteusement. Ce crachat n’est pourtant pas une injure, il veut nous renvoyer notre propre image, on a l’impression d’une supplice en tournant se pages “Please, Look at you!”.
L’hyper brutalité d’Ennis n’est pas seulement trivial. Dés les premières pages il annonce la couleur, l’un des infectés viole la plaie béante d’une victime en guise d’avertissement: Vous n’êtes pas dans Walking Dead, Marvel Zombie c’était la sortie d’avant, ici c’est répugnant, ici c’est la fin du monde pour de vrai, vous ne vous endormirez pas tranquille ce soir, vous ne pourrez que vous demander si ce sera vraiment tel quel.
L’auteur vient puiser dans les peur les plus sordides et viscérales de son lecteur. Il ne veut pas l’impressionner, il forcerait l’admiration, il a décidé de le choquer. Dans son malaise plus tard, le pauvre cobaye se posera les questions vers lesquelles Garth Ennis voulait l’amener.
Entre autre méthode, l’auteur met à mal l’idéal familial occidental. Il n’en écartèle pas seulement les membres un par un, abattant une figure familiale que personne n’ose toucher de peur de corrompre sa propre idée de l’innocence; mais il pourrit les sentiments de ce cercle, en inversant leur polarité, ne nous faisant plus que douter sur nous même, mais aussi sur ce que ressentent les autres de nous.
“Crossed” n’attend plus que l’approbation de la vieille Europe pour passer à la postérité, une oeuvre qui dissimule derrière son aspect rentre-dedans sa subtilité et sa puissance évocatrice, quand trop d’auteurs”indés” américains ne savent plus qu’être didactique.

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